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Avec l’avènement d’un certain degré de libre concurrence dans le domaine des télécommunications, les fournisseurs établis ont eu et continuent souvent à avoir du mal à accepter de partager leur infrastructure de base et de la fournir à des prix « raisonnables » aux nouveaux venus.

Après tout, pourquoi faciliter la vie à ceux qui risquent de prendre des parts de marché? Comme dans tout écosystème les plus petits n’ont d’autre recours que de coopérer pour grandir et prospérer.

Ceci est la raison d’être principale de l’éclosion d’échanges Internet à vocation commerciale. Ils sont justifiés en grande partie par une simple comparaison des coûts : est-ce plus économique si tous achètent de la bande-passante des plus gros pour pouvoir échanger ou si tous se parlent directement avec du peering (en se branchant entre eux à un point d’échange)? Le principe de base du peering est d’échanger du trafic sans payer inutilement des réseaux intermédiaires. C’est la raison d’être de l’Échange Internet de Montréal – le QIX.

Là ou ça tend à devenir ridicule est quand les clients de deux fournisseurs d’un même pays ou de pays limitrophes doivent passer par un pays tiers ou même un autre continent pour se parler entre eux comme les fournisseurs dominant ont crainte de favoriser l’essor des plus petits concurrents et de perte de marché. Ainsi, une grande partie du trafic entre réseaux au sein du Moyen-Orient et intra-Afrique passe par Londres ou Paris bénéficiant les grands grossistes de ‘transit IP’ qui bien sûr facturent les réseaux qui émettent le trafic aussi bien que ceux à qui ce même trafic est destiné. Ceci est bien sûr au détriment de consommateurs de pays pas tellement riches et est un frein au progrès de la croissance de l’Internet en ces pays. Une campagne très active est d’ailleurs en cours avec des organismes tel l’ISOC déployant des efforts afin de convaincre partout autorités et fournisseurs locaux du bien fondé de se connecter localement.

Si cela paraît bien éloigné de chez nous, que dire des abonnés Internet de Montréal qui doivent passer par Toronto ou New-York, sinon plus loin, pour communiquer entre eux.  Certains fournisseurs  dominant jouent à la roulette russe en risquant trop souvent de mécontenter leurs propres clients.  Rien ne vaut un client heureux même s’il a l’audace d’avoir une session Internet avec ceux de plus petits concurrents.